Actée depuis longtemps aux États-Unis, en Finlande ou en Suède, la pratique du télétravail conquiert également la France. Ainsi, un salarié sur quatre recourt à ce mode de travail à distance de l’entreprise. Qu’il se pratique à la maison ou dans des tiers-lieux, le télétravail transforme les façons de penser le travail, de le vivre, de le manager, de l’ancrer dans les territoires. En France, le télétravail s’effectue principalement à domicile, ainsi 64% des télétravailleurs ont installé en 2016 leur bureau à domicile. Travail à domicile, co-home, coworking, … le travail devient flexible, mobile et nomade. Facteur de bénéfices et de risques pour le collaborateur comme pour l’entreprise, le télétravail se veut une invitation à innover et à expérimenter de nouvelles façons de travailler.

Que recouvre la notion du télétravail ? Il s’agit d’une activité professionnelle exercée à distance de l’entreprise grâce aux outils de télécommunication.

 

Un télétravail mieux encadré

Le gouvernement a créé un droit au télétravail pour les salariés français dans la loi pour le renforcement du dialogue social. En effet, les ordonnances du 22 septembre 2017 ont assoupli les règles de mise en œuvre du télétravail. L’article L. 1222-9 du Code du travail précise que le télétravail peut désormais être mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou d’une charte. Ces textes doivent toutefois comporter les mentions suivantes :

  • Conditions de passage au télétravail et conditions de retour à une exécution du contrat de travail sans télétravail
  • Modalités d’acceptation du salarié des conditions de mise en œuvre du télétravail
  • Modalités de contrôle du temps de travail ou réglementation de la charge de travail
  • Plages horaires durant lesquelles l’employeur peut contacter le télétravailleur

En revanche, lorsque le télétravail est pratiqué de manière occasionnelle, il n’est requis, entre les deux parties, qu’un accord commun formalisé de préférence par écrit.

Le télétravail devient facile à mettre en place pour les entreprises et à demander pour les salariés. « 61% des français aspirent au télétravail, pourtant, il n’est une réalité que pour 17% d’entre eux »[1].

La prise en charge de tous les coûts liés au télétravail n’est désormais plus obligatoire comme le mentionne l’article L. 1220-10 qui prévoit alors un remboursement forfaitaire ou réel.

 

Qui peut être concerné par le télétravail ?

  • Salariés du secteur privé
  • Fonctionnaires
  • Agents publics civils non fonctionnaires
  • Magistrats de l’ordre judiciaire

A noter que les travailleurs indépendants ne sont pas concernés par le télétravail mais par les autres formes de travail connecté (travail à distance, travail nomade, …).

Tous les postes de travail ne sont pas adaptés au télétravail. Il est donc primordial de faire l’analyse du contenu du travail pour vérifier la mise en œuvre du télétravail.

 

Quelles sont les conditions du télétravail ?

  • Travailler de façon régulière et volontaire hors des locaux de son employeur
  • Utiliser des technologies de l’information et de la communication (ordinateurs, tablettes, téléphones portable, …)
  • Mentionner la notion du télétravail dans le contrat de travail du salarié ou dans un avenant à celui-ci, dans un accord collectif ou par un simple accord avec le salarié.

Chaque salarié peut demander à télétravailler, en retour, l’employeur doit y répondre. En cas de de refus, l’entreprise doit motiver sa décision.

  • Effectuer le télétravail à son domicile ou dans un tiers-lieux (télécentres, espaces de coworking, pépinière d’entreprises, …)

 

Une pratique qui tend à se développer en France

58% des personnes ayant expérimenté le télétravail sont satisfaites selon une enquête publiée par en janvier 2018 par l’assureur Malakoff Médéric. Il faut noter que dans la plupart des cas, la non-pratique du télétravail relève d’une incompatibilité avec le métier exercé et/ou le secteur d’activité. En effet, les secteurs de l’information et de la communication ainsi que celui des services sont les plus aptes à pratiquer le télétravail.

Près de 60% des télétravailleurs recourent au travail à distance au moins un jour par semaine : 47% d’entre eux l’exercent depuis leur domicile et 23% depuis des lieux alternatifs aussi appelés tiers-lieux[2].

 

Le profil type du télétravailleur

Un homme, de 30 à 50 ans, travaillant dans les secteurs des services ou de l’information/communication.

63% des télétravailleurs sont des hommes, seulement 3% d’entre eux ont moins de 30 ans.

Le télétravailleur représente entre 16 et 20% de la population active française.

« En fait, avec les 3% de télétravailleurs qui ont signé un accord, les 20% pratiquant le télétravail au noir, sans avenant à leur contrat de travail, et les 15 à 20% d’indépendants, on arrive à un chiffre de 8% des actifs du privé » précise le sociologue Philippe Planterose, Président de l’Association française du télétravail et des téléactivités ».

 

Quels sont les bénéfices du télétravail ?

Majoritairement, ce télétravail permet un accroissement de l’autonomie (90%), une plus grande efficacité (87%) dans leur travail et un engagement des salariés (82%). Le télétravail peut aussi se traduire en terme de bien-être au travail dans la mesure où il réduit les distances domicile/travail et peut donc permettre une diminution de ses frais d’essence mais rime aussi avec une diminution de la fatigue (86%), une meilleure santé (81%) et plus important épanouissement dans le travail (78%).

« Le télétravail génère une hausse de productivité de 5 à 30%, une baisse d’absentéisme de 20% et une économie de surface immobilière de locaux qui peut atteindre 30% selon les chiffres du gouvernement »[3].

le-teletravail[4]

Quels peuvent-être les risques ?

Certains télétravailleurs mentionnent le risque de perte de lien social et d’esprit d’équipe (65%). Pour ceux qui pratiquent le télétravail à domicile est mentionnée la difficulté de séparer la vie professionnelle de la vie privée. C’est pour cela, qu’il est préférable d’opter pour le télétravail au sein d’un tiers-lieu ce qui diminue les risques d’incursion sur le domaine privé. De plus, ces espaces sont souvent propices aux animations et rencontres professionnelles, ce qui permet de diminuer le risque d’isolement social. Il est notable que la durée idéale de télétravail est de deux jours par semaine.

Deux questions primordiales restent à régler pour une bonne gestion du télétravail : le contrôle de la durée du travail et le risque d’accident du travail.

8 propositions pour améliorer la santé des télétravailleurs :

  • Privilégier le télétravail partiel
  • Favoriser le management participatif
  • Sensibiliser et former aux risques du travail à distance (isolement, sédentarité, addictions,…)
  • Créer de nouveaux métiers
  • Instaurer des enquêtes
  • Définir un cahier des charges des conditions de travail à domicile
  • Inciter au télétravail dans les tiers-lieux et espaces de coworking
  • Mettre à disposition des prestations d’accompagnement

Pour une optimisation du télétravail, il est nécessaire de mettre en place un « guide » des bonnes pratiques autant pour l’employeur que pour le salarié.

Les obligations de l’employeur :

  • Former ses télétravailleurs aux bonnes pratiques à avoir concernant les outils de communication
  • Etre à jour dans la gestion du personnel
  • Classifier les données et les protéger à distance
  • Mettre régulièrement à jour les outils à disposition des télétravailleurs (applications mobiles, cloud, sites web, …)

Le télétravailleur doit :

  • En cas d’utilisation de matériel personnel, séparer vie privée et vie professionnelle
  • Ne pas laisser sans surveillance le matériel informatique (ordinateur, disque dur, clé usb, …)
  • Mettre à jour régulièrement le matériel et les applications

Pour conclure, nous retiendrons que le travail à distance est majoritairement pratiqué de manière informelle et non contractualisée. Seuls 6% sont des télétravailleurs contractuels. 19% des salariés télétravaillent de manière tacite soit de manière informelle et non contractualisée.

En 2025, le télétravail concernera un salarié sur trois en France.

Pour résumer, n’hésitez pas à consulter l’infographie ci-dessous.

infographie-2018-le-teletravail

[1] http://travail-emploi.gouv.fr/actualites/l-actualite-du-ministere/article/mode-d-emploi-teletravail

[2] http://www.malakoffmederic.com/groupe/blobs/medias/s/326248d416e036a5/2018-01-23-CP_Malakoff-Mederic-Etude-Teletravail.pdf

[3] https://www.lci.fr/entreprises/teletravail-materiel-indemnisation-tickets-resto-les-obligations-de-l-entreprise-envers-le-salarie-2079645.html

[4] http://www.teletravailler.fr/le-teletravail/quest-ce-que-cest/le-teletravail-cest-quoi